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Sauver Willy : un pigeonneau tombé du nid à Fécamp

Mascotte du Fécampois avec Willy, jeune pigeonneau sauvé sur la pelouse du centre aquatique de Fécamp.

Je l’ai trouvé au sol, frigorifié, près du parc aquatique de Fécamp. Deux jours plus tard, Willy avait déjà retrouvé une bonne partie de son énergie et semblait rechercher ma présence. Mais avec un pigeonneau aussi jeune, rien n’est gagné d’avance. Voici l’histoire, encore inachevée, d’un petit sauvetage fait avec les moyens du bord, beaucoup de recherches et quelques précieux conseils.

Il y a des sujets que l’on prévoit pendant des semaines. Et puis il y a ceux qui vous tombent littéralement devant les pieds.

Willy appartient à la deuxième catégorie.

Quand je l’ai trouvé près du parc aquatique de Fécamp, ce jeune pigeonneau était tombé du nid. Je l’ai estimé à une quinzaine de jours. Il était surtout frigorifié et manifestement incapable de se débrouiller seul dans cet état.

Je ne savais pas encore exactement comment l’aider. Mais je savais une chose : le laisser là sans chercher de solution ne me convenait pas.

Première urgence : lui redonner de la chaleur

La première chose que j’ai faite n’avait rien de très sophistiqué.

J’ai improvisé une petite bouillotte avec un sac plastique rempli d’eau chaude afin de lui apporter progressivement de la chaleur, en évitant évidemment un contact brûlant.

Puis s’est posée la question du nourrissage.

J’ai commencé avec une bouillie de petits pois. Très vite, j’ai compris que je devais me renseigner davantage. J’ai cherché sur Internet, utilisé l’intelligence artificielle comme outil de recherche et essayé de comprendre ce dont pouvait avoir besoin un pigeonneau aussi jeune.

Dans l’urgence, j’ai préparé une bouillie plus variée avec ce que j’avais : pois chiches, lentilles, maïs, petits pois et un peu de flocons d’avoine, le tout réduit en purée très fine et humide.

Je préfère être très clair : ce que je raconte ici est mon expérience, pas une recette à reproduire. Le nourrissage d’un pigeonneau très jeune est délicat, avec notamment des risques de fausse route ou d’alimentation inadaptée. Des structures expérimentées comme La Roucoulade recommandent des aliments et des méthodes adaptés à l’âge de l’oiseau et rappellent qu’un conseil à distance ne remplace pas l’expertise spécialisée.

Mais dans mon cas, il fallait aussi agir avec ce qui était immédiatement disponible.

Chercher de l’aide quand la bonne structure est loin

Avant de décider de tout faire seul, j’ai cherché vers qui me tourner.

J’ai essayé la piste des vétérinaires. Dans mon cas, ceux que j’ai contactés n’ont pas pu apporter de solution concrète de prise en charge.

J’ai également contacté les services techniques de la mairie de Fécamp, notamment dans l’espoir de trouver une solution pour transporter le pigeonneau vers la structure spécialisée. Là encore, cela n’a pas abouti.

La structure que j’avais finalement identifiée était le Centre de sauvegarde de la faune sauvage de l’association CHENE, à Allouville-Bellefosse. Le centre prend en charge des animaux en détresse, mais précise qu’il ne dispose pas des moyens humains nécessaires pour venir les récupérer : il faut pouvoir apporter l’animal au centre.

Depuis Fécamp, cela représentait pour moi une trentaine de kilomètres. Je ne suis pas véhiculé et le trajet en transports en commun était difficile à organiser rapidement avec un jeune pigeonneau frigorifié.

C’est une réalité assez banale lorsqu’on possède une voiture et beaucoup moins lorsqu’on n’en possède pas : une solution peut exister sur le papier et rester très difficile d’accès dans la pratique.

Les recommandations générales de l’Office français de la biodiversité vont d’ailleurs dans le sens d’un contact avec les structures compétentes avant toute prise en charge ou transport d’un animal en détresse, les règles pouvant varier selon l’espèce et la situation.

Le coup de main précieux de La Roucoulade

C’est dans cette recherche que j’ai découvert Jean-Luc Giner et La Roucoulade.

Jean-Luc Giner est le créateur du site et président de l’association Laroucoulade, consacrée à la protection et à l’aide aux pigeons et tourterelles. L’association propose notamment conseils, partage d’expérience, assistance dans la mesure de ses compétences et recherche de solutions pour les pigeons en difficulté.

Et il suffit d’échanger un peu avec lui ou de regarder son parcours pour comprendre qu’il ne s’agit pas simplement de quelqu’un qui « connaît les pigeons ».

C’est un véritable amoureux des pigeons.

Il explique lui-même avoir commencé par essayer de les aider au quotidien avant de partager son expérience plus largement, constatant qu’il ne pouvait pas répondre seul à toutes les situations. L’association documente aussi des interventions concrètes en faveur de pigeons en détresse.

Ses conseils m’ont été précieux à un moment où j’avais surtout beaucoup de questions et un tout petit oiseau entre les mains.

Alors merci à lui et à La Roucoulade.

Dès le deuxième jour, Willy n’était déjà plus le même

Le lendemain, le changement était visible.

Le petit oiseau avait retrouvé de l’énergie. Il était beaucoup plus vif et ne donnait plus cette impression de pigeonneau complètement abattu que j’avais recueilli.

Mais le plus étonnant a été son comportement avec moi.

Pendant les séances de nourrissage, je le sentais s’apaiser. Il recherchait ma présence et semblait déjà beaucoup plus en confiance.

Je ne peux évidemment pas savoir ce qu’un pigeon de cet âge comprend exactement. Mais j’ai vraiment eu l’impression qu’il me prenait, provisoirement, pour une sorte de parent de substitution.

Cela crée forcément quelque chose.

Au départ, je voulais simplement éviter qu’un petit animal meure de froid devant moi. Puis, très rapidement, je me suis retrouvé à attendre ses réactions, à surveiller son énergie et à ressentir une vraie satisfaction lorsqu’il terminait un repas et s’apaisait.

Et il y avait aussi quelque chose d’autre : le bonheur de pouvoir aider à mon tour.

Quand les Restos du Cœur nourrissent indirectement… un pigeon

Il y a une petite ironie que j’aime beaucoup dans cette histoire.

Une bonne partie des ingrédients que j’avais sous la main pour préparer cette nourriture provenait de produits reçus aux Restos du Cœur.

Pois chiches, lentilles, maïs, petits pois…

Cette aide avait évidemment été prévue pour moi.

Personne n’avait imaginé qu’une toute petite partie finirait, par un drôle de détour, dans le bec d’un pigeonneau tombé du nid à Fécamp.

Et pourtant.

Je trouve cette image assez belle.

L’entraide ne s’arrête pas toujours à la personne à laquelle elle était destinée.

On reçoit quelque chose parce qu’à un moment donné on en a besoin. Puis, parfois, cette aide continue sa route. Elle change de forme, passe par une cuisine, quelques recherches et beaucoup d’improvisation, puis bénéficie à quelqu’un d’autre.

Cette fois, le « quelqu’un d’autre » avait des plumes.

J’avais reçu de l’aide.

Et, par ricochet, j’étais à mon tour en position d’en donner.

Pourquoi Willy ?

Il fallait évidemment lui trouver un nom.

Je l’ai appelé Willy.

La référence à Sauvez Willy était trop évidente pour que je résiste.

Seulement, contrairement au cinéma, je ne connais pas encore la fin.

Willy reste très jeune. Le voir énergique aujourd’hui est encourageant, mais avec un pigeonneau de cet âge, rien n’est gagné d’avance.

Je ne veux pas non plus en faire un animal domestique simplement parce qu’il commence à s’attacher à moi.

Mon objectif reste de l’accompagner jusqu’à ce qu’il soit suffisamment autonome. Avant toute remise en liberté, il faudra vérifier qu’il sait réellement voler, qu’il peut prendre de la hauteur et qu’il possède les capacités nécessaires pour se débrouiller sans moi.

Le vrai succès ne sera donc pas de réussir à garder Willy.

Ce sera de pouvoir le regarder partir.

L’histoire n’est pas terminée

Aujourd’hui, Willy va mieux.

C’est déjà beaucoup.

Mais je refuse d’écrire trop vite la fin de cette histoire. Avec un jeune animal, une amélioration rapide ne garantit pas que tout est gagné.

Alors, s’il continue à grandir, s’il apprend à voler correctement et si son retour à l’extérieur devient possible dans de bonnes conditions, je donnerai de ses nouvelles sur Le Fécampois.

Et quelle que soit la suite, cette petite aventure m’aura déjà appris quelque chose.

Aider ne demande pas toujours de grandes structures, de grands discours ou de grands moyens.

Parfois, cela commence simplement parce qu’on refuse de détourner les yeux.

Vous trouvez un animal en détresse ?

Je ne suis ni vétérinaire ni centre de sauvegarde et je ne souhaite surtout pas me substituer aux professionnels.

En revanche, après cette expérience, je suis prêt à partager ce que j’ai appris, aider à trouver le bon interlocuteur et participer à des actions locales concernant des animaux en détresse, dans la limite de mes possibilités et dans le respect de la réglementation.

Pour une urgence animale, le premier réflexe doit rester de rechercher la structure compétente pour l’espèce et la situation concernées.

Les coordonnées de contact du Fécampois seront présentées séparément dans le bandeau graphique « Animal en détresse ? ».

Sources et ressources

  • Association CHENE, Centre de sauvegarde de la faune sauvage : coordonnées du centre d’Allouville-Bellefosse, conditions de prise en charge et impossibilité pour l’équipe de se déplacer pour récupérer les animaux.
  • La Roucoulade : conseils de nourrissage et recommandations pour les pigeonneaux recueillis.
  • Association Laroucoulade : présentation de l’association, de Jean-Luc Giner et de ses actions de conseil et de protection des pigeons.
  • Office français de la biodiversité : conduite générale à tenir lorsqu’un animal est trouvé blessé ou en détresse et rappel de l’importance de contacter une structure compétente.

Note : les passages consacrés à la découverte de Willy, aux démarches auprès des vétérinaires et de la mairie, à son alimentation, à son comportement et aux Restos du Cœur relèvent de mon retour d’expérience personnel. Ils ne constituent pas un protocole de soins.

Bandeau Le Fécampois pour aider à orienter les personnes face à un animal en détresse, avec chien, chat, goéland, pigeon, tourterelle et coordonnées de contact.
Le Fécampois peut aider à trouver le bon interlocuteur et participer à des actions locales concernant des animaux en détresse, dans le respect de la réglementation.
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