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Collecte de mégots à Fécamp : un trottoir chacun, et la ville avancerait mieux

Illustration du lancement des collectes citoyennes de mégots et emballages à Fécamp, rendez-vous à l'abbatiale le premier samedi de septembre à 14 h.

Après une première opération menée les 6 et 7 juin, j’ai repris la pince et le cabas dès le week-end suivant. Cette deuxième collecte de mégots à Fécamp, réalisée les 13 et 14 juin, m’a demandé des heures de travail. Pourtant, elle m’a surtout offert de vraies rencontres dans les rues de la ville.

Je suis encore parti seul, mais je ne l’ai pas vécu comme la première fois. Je savais désormais que l’absence de participants au rendez-vous ne signifiait pas une absence d’intérêt. Les habitants pouvaient remarquer l’action, s’arrêter et parfois y prendre part pendant quelques instants.

Les encouragements lancés au passage ont été moins nombreux. En revanche, cinq ou six personnes ont réellement pris le temps de discuter avec moi. Nous avons partagé nos points de vue et parlé de nouvelles idées d’action. Certaines personnes sont même venues déposer directement des mégots dans ma collecte.

Une deuxième collecte de mégots à Fécamp

Lors de la première opération, j’avais découvert tout ce que l’habitude finit par rendre invisible. Les mégots se confondent avec le bitume, restent coincés contre les bordures et s’accumulent dans les petits angles. Il suffit pourtant de ralentir pour les voir apparaître partout.

Cette fois, je savais mieux où regarder. Je surveillais les pieds des murs, les grilles, les poubelles et les entrées. Je faisais également attention aux caniveaux, car ils conduisent une partie des déchets vers le port, puis vers la mer.

Je pensais donc avancer plus facilement. Cependant, la rue André-Paul-Leroux m’a rapidement rappelé l’ampleur du travail.

Rue André-Paul-Leroux, je n’en voyais pas le bout

Les mégots étaient nombreux dans cette rue, mais ils ne formaient pas un seul tas facile à retirer. Ils se trouvaient un peu partout, dispersés sur le trajet, cachés dans les fissures ou serrés contre les bordures.

Je ramassais, j’avançais de quelques mètres, puis j’en découvrais encore. Une rue que l’on traverse rapidement devient très longue lorsqu’on décide de la nettoyer correctement. Dès que l’on observe vraiment le sol, on découvre ce que les passages quotidiens avaient fini par effacer.

J’ai donc passé plusieurs heures dans ce secteur. Au bout d’un moment, une conclusion très simple s’est imposée : il faut être deux pour travailler convenablement.

Une personne pourrait avancer sur chaque trottoir. Nous progresserions ensemble, sans devoir traverser continuellement la chaussée, et nous couvririons deux fois plus de terrain. Je n’attends pas une armée de bénévoles ; une deuxième personne ferait déjà une vraie différence.

Moins de compliments, mais davantage de conversations

Lors de ma première sortie, plusieurs passants m’avaient félicité sans s’arrêter. Ces encouragements m’avaient fait du bien, surtout après mon attente solitaire devant les statues de la place de l’Éclipse.

Le week-end suivant, les réactions ont changé. Moins de personnes m’ont simplement lancé un mot, mais les conversations ont été plus longues et plus intéressantes. Cinq ou six habitants ont parlé avec moi des mégots, des poubelles, des cendriers et des endroits difficiles à maintenir propres.

Tout le monde n’avait pas exactement le même avis, ce qui rendait les échanges encore plus utiles. Le ramassage devenait une occasion de parler de Fécamp à partir d’un problème très concret, présent sous nos pieds.

Quelques personnes m’ont aussi remis directement des mégots. Le geste restait modeste, mais elles ne regardaient plus simplement quelqu’un travailler. Pendant quelques secondes, elles participaient avec moi.

Ces rencontres m’ont confirmé que l’initiative ne laissait pas les habitants indifférents. Entre trouver une idée utile et consacrer plusieurs heures de son samedi à la réaliser, il reste néanmoins une marche à franchir. Pour le moment, les gens parlent, encouragent et proposent. Peut-être que l’un d’eux viendra un jour prendre l’autre trottoir.

Le compte rendu fait à mon assistante du CCAS

Après cette deuxième opération, j’ai raconté mon expérience de vive voix à mon assistante sociale du CCAS. Je lui ai parlé des rencontres, des idées échangées et des heures passées rue André-Paul-Leroux. Je lui ai surtout expliqué ma conclusion : deux personnes pourraient avancer ensemble, avec un trottoir chacune.

Elle s’est montrée très enthousiaste et m’a dit qu’elle regarderait comment mieux faire connaître l’action. Son intérêt m’a encouragé, mais je préfère rester prudent. Les assistantes sociales accompagnent beaucoup de personnes, souvent confrontées à des situations urgentes et complexes.

Mon initiative peut donc lui sembler utile sans devenir immédiatement une priorité. Je ne veux pas transformer son enthousiasme en promesse. Pour l’instant, elle a écouté mon compte rendu, compris l’intérêt du projet et envisagé de le faire connaître. C’est déjà une avancée.

Une régularité plus difficile à tenir qu’il n’y paraît

Sur une affiche, annoncer une opération chaque samedi paraît simple. Dans la réalité, une personne seule doit également tenir compte de sa fatigue et de la météo. Après les 13 et 14 juin, je ne suis ressorti qu’une ou deux fois, lorsque les conditions étaient suffisamment clémentes.

Je ne veux pas laisser croire que le ramassage s’est poursuivi chaque semaine sans interruption. Ce ne serait pas vrai. Plusieurs heures de collecte demandent de marcher, de se pencher souvent et de rester longtemps dehors. Lorsqu’il fait trop chaud, sortir dans ces conditions ne serait pas raisonnable.

Cela ne retire rien au travail déjà accompli. Les mégots ramassés pendant ces deux premiers week-ends ne finiront pas dans les caniveaux, le port ou la mer. Pour mieux comprendre l’impact de ces petits déchets, l’ADEME explique les conséquences des mégots abandonnés dans l’espace public.

La collecte reprendra en septembre

Avec la chaleur et les vacances d’été, j’ai décidé de mettre les rendez-vous en pause. Une seule rue contient déjà suffisamment de travail pour comprendre qu’il faut construire une action réaliste. Continuer à annoncer une sortie chaque samedi, alors que la météo peut m’obliger à rester chez moi, n’aurait pas de sens.

La collecte de mégots à Fécamp, qui concerne également les emballages abandonnés, reprendra donc en septembre. Elle restera proposée par Le-Fecampois.fr. J’espère alors trouver au moins une personne pour m’accompagner. Nous pourrions commencer simplement, avec un trottoir chacun et quelques heures pour rendre une partie de la ville plus propre.

Je ne sais pas encore combien de personnes viendront. Peut-être que personne ne se présentera au premier rendez-vous. Je sais néanmoins que l’action intéresse, qu’elle provoque des discussions et que certains habitants acceptent déjà de participer brièvement.

En septembre, je reprendrai donc ma pince et mon cabas. S’il le faut, je commencerai encore seul, mais l’autre trottoir restera disponible pour la première personne qui décidera de me rejoindre.

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